Description du projet

1-dsc_0506Le 12 octobre 2015

Remis à Irène Théry par SOS Homophobie ce jour à Berlin, l’Association Des Familles Homoparentales (ADFH) félicite Irène Théry pour le Prix Tolerantia 2015 qu’elle reçoit aux côtés de Klaus Wowereit (ancien Maire de Berlin), la journaliste polonaise Ewa Wanat et le politicien d'Irlande du Nord Máirtín O'Muilleoir (ancien maire de Belfast).

Omniprésente depuis plus de 20 ans, l’engagement de la Sociologue Irène Théry pour les droits des personnes LGBT s’est notamment distingué par :

- La volonté d’égalité des couples de même sexe. Dans son rapport « Couple, filiation et parenté aujourd’hui » remis au gouvernement en 1998 à la demande des ministres  Martine Aubry et Elisabeth Guigou,  pour la première fois, il est proposé de changer la définition juridique du couple afin d’inscrire le couple de même sexe en droit civil.

- Des convictions en phase avec la société : Irène Théry a soutenu Philippe Fretté dans son combat pour l’adoption en tant qu’homosexuel et critiqué en 2003 l’arrêt de la CEDH qui lui a refusé ce droit. Elle évolue sur la filiation en général au cours des années 2003/5 et soutient alors toutes les revendications des familles homoparentales.

- « Des humains comme les autres, bioéthique, anonymat et genre du don », ouvrage publié en 2010 où elle démontre pour la première fois l’importance de la dimension du genre dans l’Assistance Médicale à la Procréation. Elle critique le caractère « masculiniste » de l’approche française de la bioéthique et  montre comment  le refus de l’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples de lesbiennes est lié directement aux caractéristiques particulières du « modèle bioéthique français ». Un chapitre important de ce livre est consacré aux familles homoparentales, et à une critique des thèses du psychanalyste Jean-Pierre Winter sur l’homoparenté. Elle s’engage lors de la reforme du droit bioéthique de 2010/11 pour les droits des personnes nées de dons a accéder a leurs origines, et pour les droits des lesbiennes et des femmes seules à l’accès à la PMA.

- Un engagement pionnier : Avant le vote de la loi, en janvier 2013, Irène Théry a organisé le seul colloque universitaire contrant  sur le fond les discours des opposants au projet de loi. Ce colloque a montré que le mariage pour tous n’est pas une « rupture de civilisation » mais s’inscrit au contraire dans une histoire très longue du mariage et de la parenté et a donc des racines historiques profondes. Il a montré que l’accusation majeure des opposants, celle d’effacer le sexe/le genre des parents  (les catégories de parents A et B effaçant les mots de père ou de mère) n’était pas fondée. Il a montré pourquoi le projet de loi aurait dû en toute logique aller plus loin, en particulier en matière d’adoption et de PMA. Ce colloque a été publié : « Mariage de même sexe et filiation » (I. Thery dir. ed EHESS, 2013).

- Un rapport enterré par la France mais repris par la Cour Européenne des Droits de l’Homme. A la demande de la ministre de la Famille, Irène Théry préside en 2013-2014 les travaux d’un groupe de 25 universitaires et remettra aux côtés de sa rapporteure Anne-Marie Leroyer le rapport « Filiation, origines, parentalité, le droit face aux nouvelles valeurs de responsabilité générationnelles » au gouvernement . Ce rapport de 380 pages argumente de très nombreuses propositions de réforme  par delà le mariage pour tous. Sa commanditaire refusera de le recevoir publiquement à cause de la proposition d’ouvrir la PMA aux couples de femmes et de celle reconnaissant en France les états civils des enfants nés par Gestation Pour Autrui (GPA) à l’étranger. L’Elysée donnera directement son autorisation pour la publication de ce rapport. En juillet dernier, les arrêts de la Cour de cassation sur les droits des enfants nés de GPA à l’étranger sont la conséquence de la condamnation de la France par la CEDH (Mennesson-Labassée c/France) en 2014 qui s’appuyait notamment sur ce rapport plusieurs fois cité dans les arrêts.

Ne se contentant pas de nombreux plateaux TV ou radios ou encore de tribunes remarquées durant les débats, Irène Théry n’a pas hésité à descendre dans la rue aux côtés des associations LGBT pour défendre l’ouverture du mariage et de l’adoption pour tous. Irène Théry a témoigné et témoigne encore aux cotés des associations LGBT l’urgence d’une société qui doit mettre à égalité toutes les familles et futures familles devant la loi et devant l’accès aux techniques de procréation médicalement assistée.